Terre de Chanaan - Louis Chadourne

Louis Chadourne - Terre de Chanaan
Terre de Chanaan

Octobre 2016 / 224 pages / 13,5 x 20,3 cm / ISBN : 979-­10-96011-01-­8
 

Préface Christiane Kopylov - Illustrations et documents
La « Terre de Chanaan » est une mystérieuse terre de l’Or, dans un coin d’Amérique du Sud inconnu des atlas.
Jérôme Carvès, aventurier ardent et volontaire, est né conducteur d’hommes. Par une vocation impérieuse, dès l’enfance en Périgord, il rêve de découvrir des trésors. Son imagination truculente se berce de mirages dont la réalisation le hante. Parvenu à l’âge d’homme, il entraîne son ami Jean Loubayrac dans une aventure hardie qui les transporte, de Bordeaux à Trinidad, dans un petit port de la côte vénézuélienne.

Sommaire 

Durant la traversée, ils côtoient le personnel bariolé et cocasse d’un cirque ambulant dirigé par un Chinois, et l’acrobate de la troupe, la belle Letchy. Cette Pallas blonde aux yeux luisant d’un éclat vert dissimule un lourd secret faisant de cette amoureuse passionnée le bras armé de la vengeance.
À Puerto Leon, se déploie une faune de coloniaux expatriés, pauvres chercheurs de la Toison d’Or ou trafiquants de la pire espèce. Grâce à la puissance de reconstitution qu’il développe, Louis Chadourne transforme, comme on en voit au cinéma, les rivalités en course de vitesse. Ainsi, l’expédition dans la forêt amazonienne, sur fond d’or, de sang et de noire misère, de prime abord victorieuse, ne tarde pas à tourner au désastre.
Le récit, en partie autobiographique de Louis Chadourne, semble une épopée tant le romanesque déborde de cette aventure au pays des chercheurs d’or où le climat brûlant, les dangers imminents le mélange des races et les passions effrénées donnent à la vie des habitants un imprévu aux allures de fantastique vécu.
Dans Terre de Chanaan, Louis Chadourne exprime la peur et aussi l’impuissance devant la nature, échafaudant « des descriptions de paysages tropicaux qui n’avaient pas encore été tentées dans le roman français, a écrit Valery Larbaud : certaines sont dignes de Joseph Conrad ». Et, au milieu de ces histoires de mineurs et de mulâtres, il fait de l’aventurier Jérôme Carvès (double de Jean Galmot), l’archétype de l’homme curieux pour qui le but n’est rien, le plaisir étant dans l’action et dans le risque, infiniment renouvelé.

L’auteur

Louis Chadourne, né à Brive en 1890, mort à moins de 35 ans dans une maison de santé à Ivry, fut un écrivain d’aventures, à l’image de Blaise Cendrars ou de Pierre Mac Orlan capables d’exprimer l’inquiétude « des temps où nous vivons » comme l’a dit ce dernier. Louis Chadourne connaissait la gravité du mal qui l’avait, en 1915, à la suite d’une commotion par obus et d’un ensevelissement prolongé, conduit pendant de longs mois d’hôpital en hôpital. Malgré tous les répits que ce mal lui accorda entre 1917 et 1921, il ne se faisait guère d’illusions sur son atroce destinée. Il se savait marqué par la mort : toute son œuvre témoigne de cette hantise. Son Journal et ses Carnets, publiés aux éditions des Cendres, expriment sa hâte à vivre, la terreur d’être gagné de vitesse par le néant, de mourir sans avoir connu la plénitude de l’existence qui, longtemps, se confondit pour lui avec l’amour
Une œuvre nécessairement brève mais d’une ardente intensité, constituée de poèmes à la sensualité inquiète et de textes en prose. Outre Terre de Chanaan (inscrit sur la liste du Prix Goncourt) qui évoque le récit de son voyage en Guyane en 1919 aux côtés de Jean Galmot, furent publiés de son vivant : Le Maître du navire, L’Inquiète adolescence et Le Pot-au-noir. Les nouvelles réunies dans Le Conquérant du Dernier jour ont été rééditées en 2006 par L’Arbre vengeur.