Dans le cadre de la préparation de l’exposition consacrée au peintre bordelais Émile Brunet, prévue à l’automne 2010, à la Vieille Église de Mérignac, les commissaires de l’exposition recherchent des œuvres de ce peintre. Ils font appel à la générosité des collectionneurs qui accepteraient de prêter leurs œuvres (peintures ou dessins).
L’exposition devrait rassembler entre soixante et soixante-dix œuvres de qualité (paysages, portraits, scènes de genre, œuvres religieuses), représentatives de l’art de Brunet.
Émile Brunet (1869-1943) fut l’un des rares représentants de la peinture symboliste à Bordeaux. Son apprentissage dans l’atelier de Gustave Moreau – où il se lia d’amitié avec Georges Rouault –, a fortement influencé l’ensemble de sa production. Retiré à Bordeaux, puis dans sa maison des Jacquets sur le Bassin d’Arcachon, Brunet tentera de prolonger les leçons de son maître, en les adaptant, d’une manière très personnelle, à la vision poétique qu’il se fait du monde. Son univers est finalement plus proche de celui d’Odilon Redon qu’il connaît grâce à la collection de Gabriel Frizeau. Peintre du silence, des yeux clos et de l’immobilité, il suggère plus qu’il ne montre. Parallèlement, le peintre s’aventurera vers une certaine modernité parfois cubiste, parfois expressionniste, qui constituent des expériences très originales.
Aujourd’hui, s’il est un nom pour les amateurs qui s’intéressent à l’art Bordelais, Émile Brunet n’est, malgré tout, considéré que comme un « petit maître » hors des limites de la ville. Il reste tout au plus l’auteur du plafond du Théâtre Français (récemment restauré), celui de quelques décorations religieuses dans les églises girondines (6 Chemins de Croix et un triptyque), de quelques décors bordelais (Hôtel Frugès) et conserve le privilège d’avoir été l’un des rares représentants de la peinture symboliste à Bordeaux.
Cependant, après un siècle de purgatoire immérité, il semblerait que la révision du procès Brunet ne soit pas sans appel, d’autant que quelques pièces inédites sont aujourd’hui à verser au dossier. Certains documents ont été retrouvés, les salles des ventes et les réseaux Internet font circuler ses œuvres. Mais l’aura du peintre reste encore nimbé de trop d’approximations qu’il est temps, aujourd’hui, de lever.
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