Église Saint-Seurin
Place des Martyrs de la Résistance
Bordeaux,
B33,
33000France
44° 50' 32.892" N, 0° 35' 4.9776" W
C’est au cœur de l’église même, dans la crypte « historique », qu’est sensé reposer Seurin, quatrième évêque de la ville, venu de Trèves ou d’Orient au début du 5e siècle.Dans ce sanctuaire souterrain sont visibles sarcophages des âges mérovingiens ou wisigothiques, cénotaphe antiquisant, gisants de chanoines et fragments de sculptures de provenance incertaine.
D’autres morceaux de sculpture de belle venue sont les chapiteaux du porche. Parmi eux, celui du sacrifice d’Abraham est sans doute la plus ancienne sculpture figurée romane de Bordeaux.
Franchi ce vestibule étroit, on pénètre dans une nef sombre. La chapelle Notre-Dame de la Rose, qui flanque le chœur au nord, est un chef-d’œuvre méconnu du gothique tardif ; la qualité et la richesse de son décor sculpté est à l’aune de celui de certains éléments du mobilier miraculeusement préservé. Les plaques d’albâtre de l’ancien retable illustrent la légende dorée de saint Seurin et de saint Martial, évangélisateur de la province.
C’est cependant la chaire épiscopale de pierre, actuellement placée au nord à l’entrée du chœur, qui constitue l’élément le plus curieux et splendide du mobilier de l’église. Elle est le visible témoignage de la place éminente de l’église dans le diocèse et rappelle, par la tiare en clef pendante qui l’orne, que c’est par une station dans le chœur de Saint-Seurin que l’évêque de Bordeaux prenait possessions de sa charge pastorale, avant même de se rendre dans sa cathédrale.
La gloire de Saint-Seurin est également évoquée au portail ouest, dans le bas relief de Maggesi qui orne la façade dessinée en 1826 par Poitevin. Au sud, l’édifice présente une façade animée d’éléments d’architecture marqués par une certaine élégance décorative : arcature gothique aveugle à l’ouest, porche Renaissance à pans coupés, souche de la tour des cloches, mur sud de la chapelle Sainte-Catherine, aujourd’hui sacristie.
Le porche Renaissance abrite un portail du 13e siècle qui, par la distribution de son décor sculpté (Jugement dernier au centre, Saintes Femmes au Tombeau à droite et épisode hagiographique à gauche), témoigne du souci des chanoines de Saint-Seurin de maintenir leur édifice au niveau des plus grandes églises du temps.
par Philippe Araguas