Saint-Avit-Sénieur
Saint-Avit-Sénieur,
B24,
24440France
44° 46' 25.3416" N, 0° 49' 2.838" E
L’ermite Avit (v. 490-570) est, avec Astier, Front ou Amand, l’un des évangélisateurs du Périgord. Il a donné son nom au monastère destiné à accueillir les moines réguliers au milieu du 11e siècle, autour duquel s’est développé le village.Géraud de Salles, futur fondateur de l’abbaye cistercienne de Cadouin, y est admis pour son noviciat vers 1065.
Quelques dates permettent de connaître les étapes de la construction du monastère roman, affilié à l’origine à Saint-Sernin de Toulouse et à l’ordre augustinien : le 27 décembre 1117, l’autel majeur du sanctuaire est consacré par Guillaume d’Auberoche, évêque de Périgueux et l’année suivante les reliques de saint Avit sont translatées dans le chœur de l’église terminée entre la fin du 12e et le premier quart du 13e siècle. Dès cette époque, la vaste nef accueille de nombreux pèlerins sur le chemin de Saint-Jacque-de-Compostelle.
Le monastère est fortifié à la fin du siècle sur ordre du roi de France Philippe le Hardi (1245-1285), ce qui accélère sa sécularisation. Elle devient effective en 1295 lors de l’instauration du chapitre collégial de chanoines. L’établissement subit des dommages lors des guerres albigeoises et anglaises (13e-15e). Puis en janvier 1577, les huguenots s’en emparent. Durant le siège, le vandalisme iconoclaste s’acharne sur le décor sculpté des galeries du cloître, systématiquement brisé et bûché.
Les sculptures, qui avaient été ensevelies sous des remblais accumulés depuis l’installation du cimetière communal dans le cloître au 17e siècle, ont été exhumées entre 1964 et 1983 lors de fouilles accompagnant la restauration et la restitution du niveau d’origine de l’aire claustrale. Réalisées durant le premier tiers du 12e siècle, on les compare à celles de Saint-Pierre de Moissac ou Sainte-Marie d’Oloron. Parmi les fragments d’élévation des arcades des galeries illustrant le texte de l’Apocalypse de saint Jean, trois piliers portent un décor remarquable, notamment les figures des quatre cavaliers : l’Archer, la Guerre, la Famine et la Mort.
Par Barbara Sibille | Article publié en novembre 2008, dans le hors-série de la revue Le Festin : "L’Aquitaine en 101 monuments"