Abbaye de La Sauve Majeure
Rue de l'Abbaye
La Sauve,
B33,
33670France
44° 46' 3.3636" N, 0° 18' 45.9576" W
Nul doute que la fonction d’étape que joua l’abbaye sur le mythique « Chemin de Saint-Jacques » fut à l’origine de profits de tous ordres.
Forts des revenus agricoles et touristiques de leur établissement, les moines entreprirent, au début du 12e siècle, la reconstruction de la modeste église de saint Gérard.
Une façade à décor d’arcatures avait été implantée à l’ouest, tandis qu’un chevet bénédictin était entrepris à l’est ; la jonction des deux parties s’opéra dans la zone du transept dans le courant du 12e siècle. L’admirable série de sculptures qui décorent les corbeilles des chapiteaux du chœur assoit largement la renommée de La Sauve auprès des amateurs de sculpture romane. L’église fut pourvue, sur la nef, de voûtes gothiques, comme le clocher, le réfectoire et le cloître dont ne subsistent plus que quelques clefs de voûtes.
L’abbaye dominait au 13e siècle un bourg qui n’avait pas encore à subir la concurrence de la bastide de Créon, fondée en 1316. Puis les guerres de Religion portèrent un coup fatal au monastère qui était dans un état d’abandon total lorsqu’en 1660, les religieux de la congrégation de Saint Maur le restaurèrent. Confisquée comme bien national, devenue prison, puis carrière de pierres après 1809, l’abbaye fut sauvée de la ruine totale par Mgr Donnet qui y installa un collège. La Troisième République souhaita voir les « hussards noirs » succéder aux frères et l’abbaye devint école normale. Pour les futurs maîtres d’école on construisit un austère bâtiment aux lignes classiques, que ravagea un violent incendie en 1910 : il en subsiste le vestibule actuel. Acquis par le conseil général de la Gironde, classé Monument historique en 1928, restauré après 1948, le monument est, depuis lors, l’objet d’une restauration et d’une remise en valeur progressive.
Philippe Araguas | Article publié en novembre 2008 dans le hors-série de la revue Le Festin : « L'Aquitaine en 101 monuments »