Église Sainte-Quitterie
Rue Félix Despagnet
Aire-sur-l'Adour,
B40,
40800France
43° 41' 55.4064" N, 0° 16' 3.4284" W
par François-Xavier Benusiglio | Article publié en janvier 2002, dans le n°40 de la revue Le Festin
L’église abbatiale romane de Sainte-Quitterie, à Aire-sur-l’Adour, fait l’objet, depuis 10 ans, de travaux minutieux. Inscrit sur la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco, l’édifice est aujourd’hui restitué aux visiteurs.
La colline du Mas, à Aire-sur-l’Adour, est un de ces lieux où l’histoire se concentre et que les hommes surchargent de légendes. Dominant de 125 m la cité épiscopale que le concordat consacra capitale religieuse des Landes, le plateau qui marque le sommet de cette éminence rassemblait, au siècle dernier, le petit et le grand séminaire, le couvent des Ursulines et, à l’est, l’église Sainte-Quitterie. En 1905, la loi de séparation de l’Église et de l’État a plongé ce lieu dans un profond sommeil. Depuis une dizaine d’années, travaux de restauration et de réutilisation lui redonnent vie.
Dominant l’ensemble, l’église Sainte-Quitterie fait l’objet d’un soin particulier. Dans la crypte, s’enchevêtrent les traces de l’antique cité Uicus Iuli, de la capitale wisigoth des rois Euric ou Alaric II et de la princesse martyre Quitterie, des nécropoles du Haut Moyen Âge… À l’ouest, les dernières fouilles archéologiques ont mis à jour les éléments d’un monument antique dont un bâtiment adjacent doit se développer sous la nef. Sur cet ensemble s’est édifié, au début du 12° siècle, l’église abbatiale romane.
Cet édifice nous est parvenu marqué par les reconstructions partielles, ajouts et restaurations. Son caractère remarquable a été consacré par l’inscription sur la première liste des Monuments Historiques français, en 1840, et, dernièrement, sur la liste du Patrimoine mondial. À l’issue des travaux de restauration extérieure, l’édifice est aujourd’hui restitué à la population aturine et aux visiteurs dans un environnement urbain repensé par Stéphane Thouin, architecte en chef des Monuments historiques. Maintenant, deux logiques s’opposent : favoriser la lecture du « livre d’histoire » et poursuivre les fouilles sous la nef, ou bien privilégier le monument et réaliser sa restauration intérieure. C’est la restitution de ce dernier qui primera : il tarde à beaucoup de redécouvrir l’intérieur de ce superbe vaisseau.