Notre-Dame de la Fin-des-Terres, à Soulac

Où ?

Notre-Dame de la Fin-des-Terres
Route de Bordeaux
Soulac-sur-Mer, B33, 33780
France
45° 30' 43.6932" N, 1° 6' 49.0428" W

Article publié en novembre 2009, dans le hors-série de la revue Le Festin :
"La Gironde en 101 monuments"

L’existence du prieuré bénédictin de Notre-Dame de Soulac est attestée dès le 11e siècle.

C’est à cette époque que trois moines cisterciens s’installent sur l’île de Cordouan, alors beaucoup plus étendue qu’actuellement, où ils vivent en ermite, desservant une chapelle dédiée à la Vierge et à sainte Véronique. Au début du siècle suivant, les moines édifient une basilique entraînant la création d’une petite agglomération. Fortement influencée par les écoles saintongeaises et poitevines, l’église devient un lieu de pèlerinage en raison de sa situation sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle : les pèlerins, après avoir traversé l'estuaire de la Gironde à Talmont, y font étape, pour ensuite reprendre la route en direction de la Galice, suivant le chemin du littoral.

Totalement engloutie par les sables à partir du 16e siècle – et provoquant l’exil du village en un lieu appelé Jeune Soulac, où une église est bâtie en 1745 –, Notre-Dame de la Fin-des-Terres apparaît ainsi comme une miraculée.

L’église sauvée des sables

Les travaux de désensablement et de restauration, dirigés par l’architecte Pierre-Charles Durand (1824-1891), commencent à partir de 1859 et durent huit ans ; ils coûtent au total plus de 160 000 francs de l’époque, financés grâce à une importante campagne de souscription relayée par le cardinal Donnet. Dans un premier temps, il est procédé à l’ouverture d’une tranchée d’environ 5 m de largeur au cœur de la dune, de façon à dégager l’entrée ouest de l’édifice. Le sable, qui s’était engoufré à l’intérieur, est évacué sur les trois premières travées de la nef, si bien qu’une première messe peut être célébrée dès le 20 avril 1860. Au total, on estime que plus de 220 000 m3 de sable durent être évacués pour libérer la basilique. Pour autant, celle-ci n’est pas complètement libérée de son entrave minérale car, pour des raisons de stabilité, il s’avère impossible de retrouver le niveau du sol original (il avait en effet été nécessaire, à l’époque gothique, de remonter le sol de la nef de 3 m, l’édifice étant déjà cerné par les sables).

Si le clocher carré correspond à la fortification de l’église durant les guerres de Religion, toutes les parties supérieures de l’église et l’intégralité des absidioles sont reconstruites dans le style roman de la basilique primitive. Le chevet est la partie la plus remarquable : cordons de billettes et bandeaux de délicats rinceaux sont inspirés des chevets saintongeais.

Une fois le porche gothique du 15e siècle franchi, on accède par un escalier aux trois nefs d’égale hauteur, suivies d’un transept et d’un chœur, formé d'une abside en cul-de-four et flanqué de deux chapelles. L’ensemble est très dépouillé, en dehors des chapiteaux du chœur – qui illustrent le récit des épreuves bibliques d’Isaac, de Daniel et de saint Pierre, délivrés par l’intervention divine –, d’une chaire monumentale en pierre et d’une statue en bois polychrome figurant Notre-Dame de la Fin-des-Terres. En 1954, le maître verrier Francis Chigot (1879-1960), de Limoges, crée un programme de vitraux pour orner le chœur et les chapelles.

Un nouveau monastère de bénédictins est construit à partir de 1871, près de la gare, dans un style vaguement roman, peut-être par l’architecte Durand. Seule la moitié droite est exécutée en 1892, l’aile sud est abandonnée.

Classée Monument historique, la basilique Notre-Dame de la Fin-des-Terres est également inscrite au patrimoine mondial de l'humanité par l’Unesco au titre des Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France. On peut encore distinguer, sur le sommet du clocher, des anneaux destinés à attacher les chevaux lorsque l’édifice était enseveli.

Galerie :

Notre-Dame de la Fin-des-Terres, à Soulac
Notre-Dame de la Fin-des-Terres, à Soulac

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