La Mouette effraie / Droit de réponse
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Présumés Innocents

Droit de réponse par Annie Gourgue |
Article publié en mars 2007, dans Le Festin n°61.

Suite à la parution, dans notre dernier numéro, de l’article « La Mouette effraie », au sujet de la mise en examen de Henry-Claude Cousseau pour « diffusion pornographique » à travers l’exposition Présumés innocents* (capc Bordeaux, 2000), la présidente de l’association La Mouette, Annie Gourgue, nous demande, comme la loi du 29 juillet 1881 l’y autorise, de publier ce droit de réponse.
* Entre-temps, les deux commissaires d’exposition, Marie-Laure Bernadac et Stéphanie Moidon-Tremblay, ont également été mises en examen.

« Dans un article de 180 lignes acérées, Monsieur Xavier Rosan s’est acharné à présenter publiquement La Mouette comme une entreprise charognarde, à l’affût de la première audace artistique venue, pour martyriser la création au bénéfice de son fonds de commerce.
Les attaques s’égrènent d’abord sous la forme allusive : “La réaction épidermique des gardiens du temple dont la sauvegarde des valeurs constitue l’appétissant fonds de commerce. Il est plus commode de combattre l’image que le fait, de bâillonner le témoin au lieu de supporter la vérité.”
Elles sont ensuite de plus en plus frontales : “La Mouette se trompe de cible en soupçonnant l’art contemporain de véhiculer un message tendancieux…”, “Les autoproclamés défenseurs de l’enfance en péril…”, jusqu’à ce que l’estocade finale lui soit donnée par ces propos : “L’art s’avère une proie facile pour le vautour déguisé en mouette.”
Le lecteur, certainement enlevé par la dépense enthousiaste et inconditionnelle de l’art contemporain et sa mission de vérité, aura-t-il remarqué que Monsieur Rosan évite soigneusement et astucieusement d’évoquer les œuvres litigieuses, leur contenu et leur message pornographique ou violent ? Il est tellement plus facile de mobiliser sur le thème aguicheur de la défense de la liberté d’expression à partir d’un débat tronqué. Si les œuvres s’exposent avec un message difficile, obscène ou pornographique, leur accès doit être réservé aux adultes. Dans le cas contraire, l’art finit et le délit commence.
La Mouette ne se bat pas contre l’art, mais pour la protection de l’enfance, qui n’a pas, en l’occurrence, à endosser le prix de la fantaisie artistique. Que peut gagner l’art à salir l’enfance, à décapiter sa grâce et à éclabousser les consciences en éveil ?
N’en déplaise à Monsieur Rosan, La Mouette ne fait pas de calculs mais veille, avec l’aide de son précieux personnel bénévole, sur nos enfants. Avant de lui mettre de la boue sur les ailes, vous auriez mieux fait de feuilleter les nombreux clichés pédopornographiques de l’album qui est le prolongement et le reflet de cette exposition.
Ainsi, à la place de belles envolées vaporeuses sur l’art de sa mission, vous y auriez trouvé du concret, du réel, jusqu’à la nausée.
Enfin ce miroir que vous évoquez, vous n’auriez aucune envie de le tendre à vos enfants. »

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