La cathédrale de Bazas
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Cathédrale de Bazas

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Cathédrale de Bazas
Place de la Cathédrale
Bazas, B33, 33430
France
44° 25' 52.3704" N, 0° 12' 41.4288" W

par Philippe Araguas | Article publié en novembre 2008, dans le hors-série de la revue Le Festin : "L’Aquitaine en 101 monuments"

Sur un éperon dominant le confluent du Maratin et de la Beuve, s’installa, le long de l’itinéraire allant de Bordeaux à Toulouse, une ville romaine ceinte d’une muraille (dont des fragments sont encore visibles dans le jardin de l’évêché).

Dans l’angle de l’enceinte, se logea, durant les derniers siècles de la romanité, un groupe épiscopal parmi lequel figurait une église dédiée à saint Jean-Baptiste. L’église et la ville souffrirent du passage des Goths, des Alains, des Vascons, des Francs et des Normands. Au 12e siècle, lorsque le chanoine Garsias rédigea son panégyrique de l’église – dans laquelle avait été miraculeusement découvert, un siècle auparavant, un vase contenant le sang du Baptiste –, devait exister une cathédrale romane consacrée par le pape Urbain II en 1094. De cette cathédrale, subsistent peut-être la base du clocher et quelques pans de maçonnerie.

La nouvelle cathédrale

Vers 1233, sous l’épiscopat d’Arnaud de Tontoulon, on entreprit de reconstruire la cathédrale selon les formules architecturales gothiques. Il semble que, dans un premier temps fut établie une nouvelle façade. Les travaux progressèrent lentement au 13e siècle, puis s’accélérèrent sous le pontificat de Clément V, enfant du pays né à Uzeste, à quelques lieues de Bazas. On travaillait encore à l’enrichissement de la façade au début du 16e siècle, et c’est ainsi un magnifique édifice richement orné que saccagèrent les huguenots, avant de le détruire partiellement en 1576.
L’évêque Arnaud de Pontac entreprit sa reconstruction, poursuivie par son neveu et son petit-neveu jusqu’en 1635. Une inscription placée dans le chœur rappelle la générosité des Pontacq qui eurent la sagesse d’engager des maîtres d’œuvres capables d’adapter leur pratique à l’esprit général gothique des parties existantes.

Le savoir-faire des tailleurs de pierre

Le résultat de cette histoire mouvementée donne un édifice relativement homogène et élégant, de dimensions plutôt modestes pour une cathédrale (83 m de long, 20 m de hauteur sous voûte) mais pourvu d’une façade dont le charme réside essentiellement dans la fusion de styles architecturaux très divers. La cathédrale Saint-Jean de Bazas témoigne ainsi de la pérennité d’un savoir-faire : celui des tailleurs de pierre utilisant admirablement les potentialités du blond calcaire à astéries local. Cette façade qui dresse au-dessus des trois portails sculptés du 13e siècle un "frontispice" où les remplages de la rose gothique, les rempants à crochets soutenus par de fines arcatures de Mathelin Galopin sont associés à un fronton et des volutes issus de la tradition bramantesque, est mise en valeur par le cadre architectural unique d’une immense place qui tient du parvis et du podium.

La place. Ce vaste espace, grossièrement triangulaire de plus de 5 500 m2, unique dans l’urbanisme médiéval, ne peut se comprendre que comme la monumentalisation d’un vide urbain laissé entre la "cité" épiscopale et canoniale et le "bourg" qui s’était développé au 12e siècle autour de l’église Saint-Martin, vieux noyau paroissial rural, appartenant à l’église des bourgeois, Notre-Dame du Mercadil, aux fonctions commerciales dans la partie ouest de la ville. Les maisons qui l’entourent présentent un étonnant catalogue de façades du 16e au 19e siècle. L’association de ces maisons et de la cathédrale constitue l’un des manifestes les plus convaincants de l’éclectisme spontané qui est le fondement de l’esthétique d’un urbanisme sans urbanistes.

Galerie :

La cathédrale de Bazas
La cathédrale de Bazas

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